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15 novembre 2022

Le coût environnemental de nos activités numériques

Connaissez-vous la quantité d’énergie que vous utilisez lorsque vous naviguez sur internet? Quel est l’impact environnemental de votre utilisation du web? Quelles sont les stratégies que vous pouvez mettre en place pour la réduire?

La pollution numérique est la pollution engendrée par les nouvelles technologies.

Elle peut être occasionnée par la fabrication des appareils, ce qui cause de la contamination chimique. L’obsolescence rapide de nos appareils génère beaucoup de déchets électroniques.

D’un autre côté, la pollution numérique peut être causée par la consommation de données (téléchargement, écoute de vidéos, etc.) qui a pour résultat des émissions de gaz à effet de serre.

Bien que le plus gros pourcentage de la pollution numérique soit lié à la fabrication des appareils, nous pouvons avoir une petite incidence sur le pourcentage restant en limitant notre consommation de données.

Ecoist Club, une application mobile créée au Québec, nous permet d’en savoir davantage sur la pollution numérique et propose des solutions pour une sobriété numérique. Pour nos actions quotidiennes, à différentes échelles, Ecoist Club indique les émissions de gaz associées. Par exemple, «si je passe 1 heure par semaine à regarder des vidéos en ligne en haute résolution en utilisant ma connexion internet mobile, mon impact de GES est de 6,87 kg de CO2/an» (Ecoist Club).

Déterminez votre consommation d’énergie numérique

Carbonalyser est un calculateur d’empreinte numérique disponible comme extension internet ou application mobile. Il a été créé par The Shift Project pour que nous puissions prendre connaissance de l’énergie électrique consommée par notre activité sur le web et de la quantité de gaz à effet de serre engendrée. Des équivalences sont données avec d’autres actions quotidiennes comme la recharge d’un téléphone ou un trajet en voiture.

J’ai testé l’outil pour avoir une meilleure idée de ma consommation d’énergie. Pour ce faire, j’ai divisé mon expérience en 2 étapes:

  1. J’ai réalisé une recherche sur internet d’une durée d’environ 30 minutes. J’avais 4 onglets de pages web ouverts et un onglet YouTube.
  2. Puis, j’ai laissé ces mêmes onglets ouverts toute la nuit (ordinateur en mode veille). Mon but était de voir la différence de consommation lorsque nous sommes actifs et inactifs.

Voici les résultats :

Capture d’écran de l’application Carbonalyser illustrant la consommation d’énergie pour 30 minutes de recherche sur internet. La recherche a généré 9 g de CO2, ce qui équivaut à 1 téléphone rechargé et à 0,041 km effectués en voiture.

La recherche active qui a duré environ 30 minutes a généré 9 g de CO2.

 

Capture d’écran de l’application Carbonalyser illustrant la consommation d’énergie pour 30 minutes de recherche sur internet et près de 26 heures d’inactivité. L’inactivité a généré 170 g de CO2, ce qui équivaut à 21 téléphones rechargés et à 0,773 km effectués en voiture.

Après près de 26h30 d’inactivité, l’équivalent de 170 g supplémentaire de CO2 ont été produits. Le total équivaut maintenant à 179 g de CO2.

Et vous, quels sont vos résultats?

Stratégies pour réduire sa consommation d’énergie

Plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour réduire notre consommation d’énergie. Il ne s’agit pas de bannir les technologies de notre vie, mais d’analyser l’utilisation qu’on en fait.

Voici quelques stratégies à mettre en place pour réduire la pollution numérique associée à nos pratiques pédagogiques:

  • Sélectionnez le bon outil numérique en réfléchissant à sa pertinence pédagogique et à sa valeur ajoutée. Par exemple:
    • Pourquoi enseigner à l’aide d’un tableau numérique interactif si l’outil n’est pas un atout pédagogique pour les étudiants?
    • Est-il nécessaire de transposer un PowerPoint déjà bâti en une présentation avec Genially?
  • Continuez à utiliser le papier: c’est toujours une option! Il n’est pas nécessaire de tout transférer vers le numérique. Certaines activités fonctionnent très bien sur papier si le numérique n’a pas une plus-value pédagogique. Par exemple:
    • Les élèves peuvent faire une carte mentale sur papier et la déposer sur le site de cours par la suite.
  • Réduisez l’utilisation des vidéos. Par exemple:
    • Optez pour des pistes audios lorsque cela est possible.
    • N’obligez pas vos élèves à ouvrir leur caméra pendant un cours ou un échange en ligne.
    • Ne diffusez pas une vidéo sur les écrans de chaque élève s’il est possible de la regarder ensemble au tableau interactif.

Voici quelques stratégies à mettre en place d’un point de vue personnel:

  • Triez vos dossiers hors ligne ou en ligne.
    • Supprimez vos documents inutilisés (PDF désuets, éléments multimédias en triplicatas, etc.) et videz la corbeille.
      • Le même principe peut s’appliquer à vos courriels (trier et supprimer).
    • Stockez que le nécessaire sur les sites infonuagiques. Utilisez le disque dur de l’ordinateur ou un disque dur externe pour y déposer vos documents.
    • Lors de collaborations, optez pour un document conjoint et non des copies d’un même document.
  • Repensez vos courriels.
    • Si le contexte s’y prête, sélectionnez un moyen de communication moins énergivore, comme la messagerie instantanée.
    • N’envoyez pas des pièces jointes volumineuses ou choisissez des sites qui compressent les documents.
    • Ne choisissez pas l’option «Répondre à tous» lorsque ce n’est pas nécessaire. (Si la liste comporte 50 personnes, cela équivaut à envoyer 50 courriels!)
    • Essayez d’avoir une signature écoresponsable en n’ajoutant pas d’image.
    • Supprimez vos vieilles adresses courriel inutilisées. Elles continuent de recevoir des courriels.
  • Changez votre utilisation d’internet.
    • Fermez les fenêtres et les onglets inutilisés.
    • Utilisez le wifi ou une connexion filaire, cela consomme moins de données qu’une connexion cellulaire.
    • Utilisez le moins possible les moteurs de recherche. Rendez-vous directement sur le site en tapant l’adresse dans la barre d’adresse ou en utilisant les favoris. Optez pour un moteur de recherche écoresponsable comme Ecosia.
  • Réduisez les usages énergivores superflus.
    • Éteignez votre appareil plutôt que de le mettre simplement en mode veille.
    • Ne changez pas d’appareil dès la sortie d’un nouveau modèle.
    • Utilisez le mode d’économie d’énergie de votre appareil.

Que pensez-vous de ces stratégies? En mettez-vous déjà quelques-unes en place?

Pour en savoir plus

The Shift Project. (2018). «Pour une sobriété numérique»: le nouveau rapport du Shift sur l’impact environnemental du numérique

The Shift Project. (2019). «Climat: l’insoutenable usage de la vidéo en ligne»: le nouveau rapport du Shift sur l’impact environnemental du numérique

The Shift Project. «Carbonalyser»: l’extension de navigateur qui révèle combien surfer sur web coûte au climat.

Hydro-Québec. Diminuer la pollution numérique, c’est possible

Gallenne, T. (2022). Pour en finir avec la pollution numérique.

Maheux-Picard, C. (2021). Serez-vous sobre en 2022?, Les Affaires.

Rioux, M. (2022). Prendre conscience de son empreinte numérique (et passer en mode solution). École branchée.

[Texte d’opinion] Villi®. Numérique vs papier, qui est le plus écolo?

À propos de l'auteure

Lisa-Marie Gauthier

Lisa-Marie est conseillère technopédagogique et elle est détentrice d’une maîtrise en technologie éducative réalisée à l’Université Laval. Ses champs d’intérêts sont la conception de formations et la découverte de nouveaux outils technologiques. Elle a également travaillé 5 ans dans le domaine de l’éducation primaire et préscolaire.

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