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26 avril 2010

Lorsque le prof se fait un guide que l’on choisit de suivre

Ce texte a initialement été publié par Profweb sous licence CC BY-NC-ND 4.0 International, avant la création d’Éductive.

Lorsque je vous aurai présenté les méthodes pédagogiques de Luc Thomas, vous comprendrez le titre de ce récit. Luc met systématiquement tout le contenu de ses cours en ligne. Rien n’y manque! Vous y trouverez son plan de cours, la séquence détaillée de chacun de ses cours, les notes de cours, les PowerPoint des rencontres accompagnés du format PDF pour relever le détail des radios présentés, des questionnaires Netquiz en abondance, trois bases de données, un inventaire de sites, et j’en passe! Rien n’y manque! Pourtant, on continue d’aller à ses cours. Même, on y va davantage! L’absentéisme, il ne connaît pas! Pourquoi cela? Et le taux de réussite? Il se porte mieux que jamais.

Luc est un collègue de toujours d’Émilie Lavery, ce qui explique le ton très amical emprunté par cette entrevue.

Qu’est-ce qui t’a incité à développer des banques de données pour tes cours d’hygiène dentaire?

Dans mes premières années d’enseignement, le taux d’absentéisme à mes cours était assez élevé. Les situations d’échecs, trop fréquentes, à mes yeux. Je ne connais plus ces problèmes maintenant. C’est pour cela que j’ai fait ces outils-là. Les diapositives que j’utilisais en classe offraient un mauvais rendu visuel et les étudiants ne pouvaient pas les visionner à leur goût.

Depuis que ces banques existent, mon taux de réussite a augmenté. Ces banques permettent aux étudiants de s’initier à l’interprétation sommaire des radiographies avec un bel éventail d’exemples. Il faut que les étudiants puissent en voir beaucoup pour qu’ils puissent les reconnaître durant leur pratique. La morphologie change d’un patient à l’autre.

Petite visite guidée des banques de données

Comment expliquer le succès de tes banques dont la fréquentation est remarquable?

Sur le Web, il n’y a pas d’autres banques de données que la mienne, portant sur la radiologie dentaire. Quelques universités américaines proposent des radiogrammes sur leurs sites, sans les regrouper en banques de données.

Ces banques, qui ont d’abord été pensées pour les étudiants d’hygiène dentaire et de denturologie, en début de formation, continuent à être utiles durant leurs techniques, et même après, lorsqu’ils sont en exercice. Des praticiens s’en servent. On vient de partout au monde sur mon site! Plusieurs de mes confrères du réseau qui étaient peu enclins à utiliser mon matériel le font depuis qu’il est disponible gratuitement et accessible aussi aisément!

As-tu le même succès en classe avec ces banques?

Oui. Je le constate par le taux de réussite élevé aux examens. Évidemment pour que ces banques aient une incidence, il faut rendre leur consultation indispensable! Les étudiants doivent exploiter ABC pour l’exécution de leur cahier d’interprétation qu’ils se procurent sur le site. Ils puisent aussi dans PanWeb et Céphalo le matériel de révision.

Explique-moi quels ont été les avantages de mettre l’intégralité de ton cours en ligne.

Le cours en ligne permet d’étudier. Comme j’ai la chance d’avoir des examens standardisés, je peux comparer les résultats d’une année à l’autre. Évidemment, je m’assure de la confidentialité des questions. Par la comparaison des années, je vois que cela s’améliore. Ce n’est pas que je sois devenu moins exigeant. Non, ce sont les moyens d’apprentissage que j’ai adoptés qui ont eu un effet bénéfique.

L’effet sur la prestation de l’enseignement aussi est précieux. Quand on a des outils comme ça, on est moins prisonnier de son cours théorique. On sait que si un aspect a été vu rapidement, les étudiants peuvent y revenir, en consultant le site.

Comment expliquer que le taux de présence en classe n’ait pas baissé depuis que tu as tout mis en ligne?

Je ne saurais l’expliquer adéquatement. Les étudiants ont une grande conscience professionnelle. Le taux de présence en classe est d’ailleurs très fort dans les domaines techniques. Peut-être est-ce parce qu’il y a une certaine insécurité liée à ces domaines. Mes étudiants sont perfectionnistes. Ils veulent bien faire. Les exigences départementales de présence en classe pourraient aussi l’expliquer.

Quelles sont les réactions que tu as eues des étudiants à l’égard de tous ces supports d’enseignement TIC?

Ils en raffolent. Ils disent que cela les supporte beaucoup. Ils apprécient le fait que cela soit aussi facilement disponible. Au début, ils ne savent pas comment utiliser cette aide. Je l’explique un peu en classe. Comme maintenant, il y a des laboratoires au collège, des cafés internet, des ménages de plus en plus branchés, c’est une infime minorité qui se plaint de l’obligation de consulter le site et d’y travailler. Maintenant, j’arrive avec une carte professionnelle (L’Office québécois de la langue française relève que l’usage du terme carte professionnelle en remplacement du calque carte d’affaires s’impose de plus en plus au Québec) en guise de plan de cours. Les seuls imprimés que je distribue durant la session, ce sont les examens.

Réagissez à la richesse d’intervention de l’enseignant.

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Serge Y. Roy
Serge Y. Roy
26 avril 2010 14h17

D’abord pour ses étudiants qui ont la chance de partager sa passion et son plaisir d’enseigner.
Mais aussi pour ses collègues qui constatent, par l’exemple, comment un professeur peut utiliser les TIC à des fins pédagogiques.

Ainsi Luc est un passeur au niveau des TIC. Il est un des nombreux exemples du rôle essentiel des pairs dans la sensibilisation et l’appropriation des TIC par les professeurs du Collège Édouard-Montpetit.
Émilie Lavery qui a piloté ce récit fait aussi partie de ce groupe.

Voilà des bénéfices marginaux pour un conseiller TIC, partager sa passion avec des êtres agréables et joviaux.

Claudette Ouellette
Claudette Ouellette
27 avril 2010 18h32

Bon exemple que tout publier sur le web n’est pas synonyme d’une classe vide.

Lorne HUSTON
Lorne HUSTON
28 avril 2010 15h24

C’est intéressant de voir comment une idée de base que tu avais il y a plusieurs années peut prendre l’ampleur avec le temps. C’est un très beau travail qui peut donner des idées à plusieurs. Mes sincères félicitations.

Nicole Perreault
Nicole Perreault
28 avril 2010 19h38

J’ai eu le plaisir de côtoyer Luc régulièrement lorsque j’étais conseillère pédagogique TIC au CEM (2000-2005). À cette époque, Luc avait déjà conçu un site Web et mis en ligne diverses ressources à l’intention de ses étudiants. Cinq ans plus tard, je constate que la fibre technopédagogique de Luc est toujours bel et bien présente et qu’elle a un impact certain sur la motivation et la réussite de ses étudiants : bravo pour ce témoignage, Luc, et bravo pour tes réalisations. Bravo aussi à Émilie qui a rédigé un texte vraiment intéressant.

Patrice  Deschamps
Patrice Deschamps
29 avril 2010 12h23

Fascinant de voir comment Luc Thomas a su adapter ses méthodes d’enseignement en y intégrant l’utilisation des TIC. Par ce témoignage, Luc réussit à nous démontrer qu’il est possible d’améliorer la qualité de nos enseignements. Par le biais des ressources TIC déployées dans ce cours, l’étudiant est actif, participatif, stimulé et motivé. Des éléments essentiels qui permettent de soutenir l’étudiant dans sont apprentissage, le guidant ainsi vers la réussite de son cours et ultimement de son programme. BRAVO LUC!

Denyse W. Pelletier
Denyse W. Pelletier
3 mai 2010 15h34

En tant que collègue de Luc, je me considère chanceuse de faire partie de « son équipe ». En effet, son leadership pédagogique et son esprit de collaboration ont permis d’intégrer certains objectifs du cours de nutrition à son projet pédagogique.

C’est grâce à la chronique « Sous la dent » de son site Web, qu’il encourage la participation des étudiantes (et étudiants) de ma classe à publier leur recette préférée, analysée sous l’angle nutritionnel. En somme, Luc établit des ponts entre les cours du programme d’études Techniques d’hygiène dentaire grâce aux TIC.

Un bel exemple de concertation, essentiel à l’approche-programme. Bravo Luc!

Augustin Barbara
Augustin Barbara
3 novembre 2011 19h43

Bonjour,

Bravo pour votre travail. Je suis contente de voir que la disponibilité de vos documents n’a pas eu d’impact sur le taux d’absentéisme. C’est une discussion que j’ai souvent avec mes collègues et nous ne nous entendons pas encore là-dessus. Je fais partie de ceux qui croient que lorsque le cours est bien organisé, la disponibilité des documents pédagogiques ne devraient pas nuire au cours. Je suis contente d’avoir lu sur un exemple positif de ce concept. Merci de ce partage!