La 2e étape du laboratoire sur le principe de la transparence lors de l’utilisation de l’IAG a eu lieu le 25 mai de 11h à 13h. Dans cet atelier, Marco Guilbault, chargé de projets au Réseau REPTIC, et Marie-Josée Tondreau, technopédagogue au cégep Abitibi-Témiscamingue, se sont joints à l’équipe d’Éductive pour présenter un processus de planification simple proposé par un groupe de travail du Réseau REPTIC.
Réflexion au regard du principe de transparence avec l’IAG
Comme activité d’introduction, les participants et les participantes ont échangé sur la pertinence de déclarer les usages de l’IAG par les personnes enseignantes. En fait, les participants et les participantes devaient, pour chaque usage défini dans l’étape 1 du laboratoire, déterminer s’il était acceptable d’utiliser l’IAG ou non et justifier leur choix. Voici un bilan des échanges.
| Usages | Acceptable d’utiliser l’IAG
Sans déclaration nécessaire |
Acceptable d’utiliser l’IAG sous condition
Déclaration nécessaire |
Non acceptable d’utiliser l’IAG | Commentaires | Niveau de déclaration attendue et les éléments à mettre en place |
|---|---|---|---|---|---|
| Idéation
(trouver des exemples, des activités, des questions, des approches pédagogiques…) |
50% | 50% | 0% | Un niveau de contribution significative ou non peut modifier la déclaration. Il n’est pas nécessaire de déclarer lorsqu’on utilise les outils pour s’inspirer. L’idéation ne transparaît pas dans le produit final.
Dans une optique de transparence, si on demande aux élèves de témoigner de leur propre usage de l’IAG, la personne enseignante devrait le faire aussi. Il faut être vigilant pour ne pas aller trop rapidement vers un outil d’IAG : il faut faire une partie de la réflexion par soi-même avant d’aller chercher l’aide de l’IAG. |
Il serait possible d’ajouter des logos de déclaration (ex.: logos de Martine Peters, de l’UQAC, du CVM) ou d’inscrire une phrase. Par exemple :
Il est possible de mentionner en classe l’utilisation de l’IAG pour bien distinguer ce qui provient des connaissances antérieures de la personne enseignante et ce qui est assisté par l’IAG. |
| Rédaction de texte
(structurer et améliorer l’écriture…) |
25% | 63% | 12% | Un niveau de contribution significative ou non peut modifier la déclaration (refonte du texte, structure, etc.).
La déclaration peut varier selon l’utilisation pour les personnes enseignantes et ce qui est permis en classe pour les élèves. |
Il serait possible de présenter, dans une annexe, l’usage qui a été fait avec l’IAG et mettre une copie de la requête utilisée. Ce document pourrait être disponible sur demande.
On pourrait aussi ajouter des logos de déclaration sur les contenus ou inscrire une phrase avec le texte modifié. Par exemple :
|
| Rédaction de texte
(rédiger les consignes, les grilles de correction…) |
29% | 71% | 0% | Pour évaluer une compétence, l’arrimage entre les objectifs de l’évaluation et les critères de correction doivent être établis et révisés par la personne enseignante. Le jugement critique prime sur l’IAG.
Comme l’IAG joue un rôle conséquent dans ce cas d’usage, il faudrait déclarer son utilisation. |
Il serait possible de présenter, dans une annexe, l’usage qui a été fait par l’IAG et mettre une copie de la requête utilisée. Ce document pourrait être disponible sur demande. L’objectif est de fournir un exemple à la communauté étudiante.
On pourrait ajouter des logos de déclaration sur les contenus. Il est important d’en discuter en classe avec les élèves, pour justifier leurs pratiques ainsi que les nôtres. |
| Production
(gabarit pour les élèves, génération de documents dans plusieurs formats…) |
17% | 83% | 0% | Tout ce qui est directement produit par l’IAG devrait être déclaré.
Un niveau de contribution significative ou non peut modifier la déclaration. |
Il pourrait être possible d’inscrire, en note de bas de page des documents, l’utilisation effectuée avec l’IAG. |
| Production
(images, codes, infographies, balados, cartes conceptuelles…) |
0% | 83% | 17% | Tout ce qui est directement produit par l’IAG devrait être déclaré.
Il faut réfléchir aux enjeux éthiques et à l’écoresponsabilité. |
Il est important de déclarer le niveau d’utilisation de l’IAG (partiellement fait par IAG, 100% fait par IAG, etc.). Il est possible d’utiliser différents logos sur les productions réalisées ou d’indiquer la référence. Par exemple, le modèle APA propose ceci :
OpenAI. (2023). ChatGPT (version du 30 novembre) [grand modèle multimodal]. https://chat.openai.com/chat |
| Production
(créer un agent conversationnel) |
17% | 50% | 33% | Si la personne enseignante produit un agent pour aider les élèves, elle n’est pas tenue de le déclarer explicitement, car c’est évident.
Il faut faire attention aux droits d’auteurs, à la propriété intellectuelle, aux hallucinations et à la perte de contact humain. Il faut explorer la possibilité de mettre ces agents sur des serveurs locaux. Il n’est pas acceptable d’utiliser un agent pour répondre à des courriels à la place de la personne enseignante. |
Il faut prendre le temps d’expliquer aux élèves comment a été réfléchie la création de l’agent.
Ne pas permettre aux élèves de prendre le contenu de cours pour le mettre dans un agent conversationnel. Il faut prendre le temps de leur expliquer. |
| Correction
(travaux d’élèves) |
0% | 43% | 57% | Il n’est pas acceptable d’utiliser l’IAG pour du sommatif, car c’est la responsabilité des enseignants et des enseignantes d’évaluer les élèves. Il faut faire attention à la confidentialité des données et à l’équité. Les personnes étudiantes ont le droit de choisir ou non d’avoir des rétroactions formulées par l’IAG. Il faut donc demander leur consentement.
Il est acceptable d’utiliser l’IAG pour du formatif. Il faut s’assurer d’anonymiser les travaux. Il est possible de l’utiliser pour rédiger des banques de rétroactions ou pour nuancer des commentaires pour les rendre plus constructifs. |
Expliquer aux élèves la raison d’utiliser l’IAG en prenant un temps en classe pour expliciter la démarche.
Demander aux élèves de donner leur autorisation pour effectuer une correction avec l’IAG. |
Plusieurs questionnements et réflexions sont ressortis des échanges. Les participants et les participantes se sont questionnés si le niveau de transparence doit être totalement réciproque entre les élèves et les enseignants.
Une certitude est que le personnel enseignant doit jouer un rôle de modèle auprès des élèves, mais une question demeure : jusqu’à quel point est-il recommandé de le faire? Lorsque l’on souhaite déclarer nos usages, il faut porter attention à ne pas alourdir le volume ou le contenu pédagogique par ce que nous mettons en place.
Planification de l’utilisation de l’IAG dans un cours
Dans un second temps, Marco Guilbault et Marie-Josée Tondreau ont présenté le guide produit par un groupe de projet du Réseau REPTIC [PDF]. Dans ce guide, on retrouve un processus en 5 étapes, s’inspirant des travaux du Cégep de la Gaspésie et des îles. La présentation de ce guide a fait naitre plusieurs pistes de réflexion. Ce fut également l’occasion de découvrir différentes ressources que le personnel enseignant peut utiliser pour l’aider à déterminer s’il doit intégrer ou non l’IAG dans ses cours.