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6 janvier 2022

Solidarités numériques en éducation: le colloque ROC2021

Échanger sur les enjeux du numérique dans l’enseignement supérieur avec des acteurs du collégial et de l’universitaire, c’est le pari (réussi!) qu’a su relever le colloque ROC2021.

Du 17 au 19 novembre 2021 s’est tenue en mode virtuel la première édition du colloque ROC2021. Sous le thème «Solidarités numériques en éducation: une culture en émergence», le Réseau d’enseignement francophone à distance (REFAD), l’Observatoire du numérique en éducation (ONE) et la Communauté pour l’innovation et la recherche sur les technologies dans l’enseignement /apprentissage (CIRTA) se sont unis pour organiser 3 jours de conférences synchrones et asynchrones, le tout présenté par l’Université TÉLUQ en partenariat avec Cadre21.

Quelques faits saillants de notre participation

Camille

Ce que je retiens du ROC2021, ce sont les initiatives technopédagogiques des acteurs du milieu de l’enseignement supérieur pour diversifier les méthodes pédagogiques et ainsi offrir un enseignement motivant et authentique.

Dans le cadre du Bloc 4D: Technologies et usages novateurs, Sébastien Wall-Lacelle, enseignant au Cégep de Saint-Jérôme, a présenté les premiers résultats d’un projet de recherche de grande envergure dans sa communication intitulée «La réalité virtuelle en sciences au postsecondaire: une recherche collaborative sur la motivation, l’intérêt, l’engagement et l’apprentissage des étudiants». Ce projet de recherche collaborative étudie l’engagement des étudiants lors de simulations en réalité virtuelle dans des cours de sciences. Ce sont 6 cégeps et 1 université, soit 30 enseignants et 1500 étudiants, qui prennent part à cette vaste étude.

Sameer Bhatnagar et Jonathon Sumner, enseignants au Collège Dawson, ont présenté 2 initiatives qui rendent visibles et accessibles les données en éducation.

  • D’abord, à l’aide la plateforme libre et gratuite myDALITE, propulsée par la communauté d’apprentissage SALTISE [en anglais], Sameer et Jonathon ont créé des activités d’apprentissage actif en mode asynchrone.

    myDALITE est une base de données en constante évolution qui recense actuellement près de 4500 questions à choix multiples dans différentes disciplines. Les enseignants entrent leurs questions sur myDALITE et peuvent créer des exercices formatifs avec leurs questions et celles déjà inscrites dans la base de données.

    L’avantage de myDALITE est qu’une fois un exercice créé, l’étudiant répond aux questions et valide une 1re fois ses réponses. Il est ensuite exposé aux réponses et raisonnements de ses pairs. Ainsi, il peut voir si sa réponse est incomplète, erronée ou s’il a bien compris l’exercice.

    Toutes les réponses obtenues font partie de la base de données de myDALITE et favorisent l’apprentissage asynchrone par les pairs. L’enseignant a ensuite accès aux données générées par son exercice et au taux de réussite de chaque question.

Pour en apprendre davantage sur myDALITE, je vous conseille de lire l’article «myDALITE, une plateforme d’apprentissage par les pairs» de Gabriel Flacks.

  • La 2e utilisation des données que Sameer et Jonathon ont présentée est la création d’un tableau de bord pour compiler les données scolaires des étudiants, un sujet de prédilection pour Éductive.

    Comme coordonnateurs de programme, cela simplifie pour eux la gestion des données, car leur logiciel permet d’avoir une vue d’ensemble de la réussite des cours et d’analyser finement l’apprentissage au sein de leur programme. En compilant les statistiques scolaires (parcours scolaire, échecs, taux de réussite, changement de programme, etc.) et non les données personnelles des étudiants, ils sont capables d’avoir une vue d’ensemble de leur programme et ainsi de prendre les bonnes décisions pour le faire croître et assurer sa pérennité.

Capture d’écran de la plateforme d’analyse de programme (Source: Éductive)]

Capture d’écran de la plateforme d’analyse de programme (Source: Éductive)]

Pour en apprendre davantage sur le tableau de bord permettant l’analyse de programme créé par Sameer Bhatnagar et Jonathon Sumner, je vous conseille l’article «Approfondir l’analyse des programmes grâce à la visualisation des données des étudiants» rédigé par Ryan W. Moon.

Alexandre

De mon côté, c’est l’atelier animé par Marilyn Baillargeon et Mario Richard qui m’a procuré l’expérience d’apprentissage la plus profonde. Intitulé « Cartographier un parcours d’apprentissage professionnel : le cas d’un cours de 2e cycle universitaire offert en modalité hybride », cet atelier du Bloc 1B: Formation numérique en milieu de travail se distinguait entre autres par la dynamique de groupe qu’il a permis de rapidement mettre en place. Un atelier par et pour des pros de l’apprentissage.

On parle souvent de la dimension réseautage de tels événements. Ici, il s’agissait d’une démonstration par la pratique de la méthode décrite. D’ailleurs, les parcours des 22 personnes qui participaient à cet atelier étaient aussi diversifiés que fascinants, liant l’apprentissage professionnel à l’enseignement collégial, la francisation, la recherche universitaire et le conseil pédagogique en centre de services scolaires. Nous avions beau provenir de divers horizons, l’atelier nous emmenaient vers une destination commune. Autrement dit, une démarche empreinte de connectivisme qui nous a tout de suite permis de mettre en pratique nos apprentissages!

Comme c’est souvent le cas pour le développement professionnel, certains détails assez simples revêtent une grande importance en contexte. Par exemple, Marylin Baillargeon nous encourageait à la suivre dans le train d’idées qui a propulsé sa recherche doctorale à partir de la citation de Thomas R. Guskey qui a amorcé sa thèse.

[L]’efficacité du développement professionnel n’est pas une aventure hasardeuse ; il s’agit d’un périple où l’amélioration de l’apprentissage des élèves représente la destination.

Guskey, 2017 [en anglais], p. 33, traduction libre par Marylin Baillargeon

Pour sa part, Mario Richard a réussi à mieux situer l’enseignement explicite à l’aide de brefs commentaires au sujet de contextes dans lesquels il peut demeurer plus approprié que d’autres moyens de favoriser l’apprentissage.

Pour un petit aperçu du ROC2021

Bien que le colloque soit terminé et que les actes ne soient pas encore publiés, la partie asynchrone de cet évènement est toujours accessible. En effet, dans le cadre de ces 3 jours de conférence, 12 communications asynchrones d’ici et d’ailleurs ont été produites et mises en ligne. Pour l’occasion, nous avons préparé une capsule vidéo maison sur le caractère collaboratif des ressources éducatives libres dans l’essor du mouvement de l’éducation libre.

«Pratiques collaboratives et ressources éducatives libres», capsule vidéo créée par Alexandre Enkerli et Camille Arpin dans le cadre du ROC2021

À propos des auteurs

Camille Arpin

Camille Arpin est éditrice pour Éductive (auparavant Profweb) depuis 2019. Elle a enseigné le français et la littérature dans différents cégeps de la province. Elle poursuit actuellement des études de 3e cycle en enseignement supérieur à l’Université de Sherbrooke.

Alexandre Enkerli

Il est conseiller technopédagogique chez Collecto où il accompagne les professionnels de l’apprentissage dans leur appropriation technologique selon leurs contextes spécifiques, comme il le faisait en tant que technopédagogue pour la Vitrine technologie-éducation de 2014 à 2016. Alexandre occupe de nouveau ce rôle après des incursions à Ottawa (conception de parcours d’apprentissage en cybersécurité et d’une expérience d’apprentissage en ligne massive et ouverte à tous (CLOM) sur la participation publique ) et au Saguenay-Lac-Saint-Jean où il a travaillé au COlab sur un projet recherche-action participative .

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