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17 mai 2010

Le balado : une façon d’apprendre aimée des jeunes

Ce texte a initialement été publié par Profweb sous licence CC BY-NC-ND 4.0 International, avant la création d’Éductive.

La conférence donnée par Richard Dubuc à l’AQPC en juin 2009, alors enseignant au Cégep Limoilou, constitue une mine d’informations utiles sur la baladodiffusion dont nous rapportons ici l’essentiel. Profweb a voulu approfondir un peu la question de son usage pédagogique en questionnant l’enseignant sur ses pratiques.

Dans mon enseignement, j’ai eu l’occasion de produire quelques fichiers balados et d’en faire l’usage dans mes cours. Voici ce que j’ai noté à ce sujet.

Ce qu’est la baladodiffusion et quel est son usage

Si la définition générique de la baladodiffusion fait appel au mouvement (diffusion de documents numériques que l’on consulte lors de déplacements), il faut comprendre que sa réalité concerne tout document numérisé dont on pourrait vouloir faire l’usage en éducation. Le document, formaté pour les appareils portatifs, est placé en ligne pour téléchargement.

Son utilisation peut s’appliquer à des situations d’apprentissage polyvalentes allant de classes en présentiel, en ligne, différées, mais c’est surtout par les classes mobiles que la baladodiffusion se distingue et prend son sens.

Intérêts de la baladodiffusion

Le balado stimule, et suscite l’enthousiasme des jeunes. Cela fait partie de leur vie courante. Cette génération, qui écoute peu la télé, passe une bonne partie de son temps à l’ordinateur. Accéder au contenu en ligne et être branchés lors des déplacements, c’est tout naturel pour eux!

Comme les conditions techniques (algorithmes de compressions performants, Internet à haut débit, standardisation des formats de fichiers audio et vidéo, simplicité de production et hébergement aisé sur les serveurs publics de la communauté collégiale) sont maintenant réunies pour leur usage et leur production, il n’y a plus de raisons de ne plus s’en servir.

Tableau du temps nécessaire au chargement.

Facilité d’écoute, polyvalence d’utilisation, voilà deux grandes qualités de ce moyen d’enseignement aux retombées variées. Dans certains cas, il nous permet de ne pas avoir à répéter les mêmes choses alors qu’il offre à son opposé à l’étudiant l’avantage de réentendre au besoin certaines leçons. Pour un allophone, c’est un gros avantage. Cela le met en confiance, pallie ses manques et lui fait rattraper son retard.

C’est également un grand avantage que son format portatif. On a maintenant le choix de la circonstance et du lieu d’écoute. On peut le consulter à des moments où l’on n’aurait pas fait ça, normalement.

On revisionne les balados de La Vitrine Technologie-Éducation : la 32e vous convaincra.

Contextes d’utilisation

Dans l’enseignement, mon avis est qu’on exploite les vertus du balado, de la manière la plus achevée, lorsqu’on l’intègre à l’intérieur d’un ensemble d’activités. Pensons :

  • à des situations de lecture où le balado soutient la compréhension du texte lu;
  • à des situations d’analyse où le commentaire audio complète l’interprétation d’une image, d’un texte, d’un diaporama tel que PowerPoint ;
  • à des situations d’exploration (d’un lieu, d’une ville, d’un objet) où l’attention est tournée vers un détail important;
  • à des situations d’expérimentation.

L’un de mes cours (Planification de l’enseignement au collégial, DID-6006), donné à l’Université Laval, servira d’exemple. Mes étudiants avaient été invités à auditionner un cours à partir d’un balado placé en ligne. J’y exploitais une démarche par étape. Après l’introduction du sujet, une première partie audio, sans support visuel, les entretenait. À la vingt et unième minute, une première page texte apparaissait au fil du discours, ayant un effet très contrastant. Plus tard, une image, une animation, des questions, puis une vidéo s’enchaînaient. Après chaque étape, je les invitais à observer leur qualité d’attention et leur degré de compréhension ou de rétention.

L’expérience a provoqué d’intéressantes réactions dont nous avons pu discuter au cours suivant.   Nous avons fait un exercice vérifiant ce qu’ils avaient retenu et vécu. Plusieurs m’ont dit avoir trouvé les vingt minutes d’audio, sans support autre que la page blanche, fort longues. Les étudiants avaient aussi, grâce à l’expérience d’un balado exploitant divers supports, bien perçu les effets propres à chacun des médias empruntés (audio seul et audiovisuel) et observé leur impact sur les images mentales produites.

Vertus innovatrices du balado

La baladodiffusion offre des opportunités nouvelles pour notre enseignement.

D’abord, notre classe peut devenir mobile. On peut contextualiser l’information et situer les apprentissages dans un espace visité. Pensons à une leçon d’histoire, d’archéologie, de géographie ou de génie civil se faisant à partir du lieu même commenté. Avec des fonctions GPS intégrées, le balado pourra dans un avenir prochain s’animer comme certains audioguides le font lorsque l’on pénètre une zone de musée soutenue par un commentaire.

Ensuite il peut être un atout dans le domaine des communications. On peut alors le comparer au téléphone dans ses avantages comparativement à la lettre. Il peut par exemple suppléer à la lourdeur de la correction. On a vu comment ma collègue Sylvie Lavoie de Lévis-Lauzon utilise des balados pour l’encadrement de ses étudiants. Elle a témoigné de la manière dont le balado a facilité son travail de correction et de rétroaction.

Enfin, le balado offre des contenus riches et versatiles.  Prenons pour preuve les ressources existantes en ligne. Plusieurs passionnés ont mis des balados dans Internet, les grands diffuseurs radios ou télés l’ont fait, la Presse électronique et nombre de nos partenaires de notre réseau!

Dans cet extrait (7 minutes) de la conférence de l’AQPC de juin 2009, Richard Dubuc défend sa thèse sur l’usage des balados, en complémentant son diaporama PowerPoint d’un commentaire audio.

Échangez avec Richard Dubuc qui se fera un plaisir de commenter l’apport du balado et son usage. Ne manquez pas également son atelier « mains sur les touches » au colloque de l’AQPC  cette année. Vous pourrez réaliser en sa compagnie votre propre balado.

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Brigitte-Louise Lessard
Brigitte-Louise Lessard
18 mai 2010 16h52

Bonjour

Si vous avez le goût, visitez http://www.brigitte-louise.com pour voir les balados offertes à mes élèves de 10-12 ans dans la réalisation de devoirs. Voir le menu Capsules Devoir.

Si vous avez le goût, reparlez m’en!

Brigitte-Louise

Marie-Josée Desrochers
Marie-Josée Desrochers
29 juin 2010 13h24

Votre article est vraiment intéressant surtout en ce qui concerne les applications possibles. J’aimerais avoir plus de précision sur ce point: « à des situations de lecture où le balado soutient la compréhension du texte lu »
Merci

Émilie Lavery
Émilie Lavery
29 juin 2010 15h27

Lors de l’édition de ce récit, Richard Dubuc et moi avons abordé la question des textes lus, soutenus par leur lecteur. Voltaire est le meilleur exemple. Plusieurs passages de ses contes (pensons à L’Ingénu et Candide) remplis d’ironie s’éclairent. Alors, on apprécie Voltaire et son humour mordant. Faites-en l’essai avec l’accompagnement de René Depasse. Les doubles sens et connotations s’«entendent» : http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/voltaire-lingenu.html#comments