Et si nos élèves avaient l’occasion d’augmenter leur note en corrigeant les erreurs qu’ils et elles ont commises dans un examen? C’est ce que nous avons décidé de faire dans l’un de nos cours et nous sommes très satisfaites des résultats. Les 2 premiers examens du cours se sont transformés en occasions d’apprentissage et ont mené les élèves à démontrer de meilleures compétences lors de l’examen final.
Constat de départ: les élèves ne consultent pas les rétroactions
Jessie a donné le cours Planification de l’intervention en 4e session du programme de Techniques d’éducation spécialisée pendant plusieurs années. Elle a constaté un problème récurrent: les élèves ne prenaient pas connaissance des rétroactions faites sur leurs copies. Ils et elles consultaient la note obtenue, mais ne lisaient pas les commentaires. Les élèves répétaient donc les mêmes erreurs à l’examen final qu’aux 2 premiers examens. C’était d’autant plus consternant que l’examen final se faisait à livre ouvert. Les étudiants et les étudiantes avaient la possibilité de consulter leurs copies corrigées des examens précédents pendant l’examen final. Même si la structure de l’évaluation était la même (dans chacun des cas, il s’agissait de rédiger un plan d’intervention pour un patient ou une patiente), les élèves n’appliquaient pas les correctifs proposés antérieurement.
À l’hiver 2025, nous avons donné le cours ensemble pour la 1re fois. Nous aurions aimé faire du coenseignement, mais, pour des raisons logistiques, nous avons finalement enseigné chacune à nos groupes séparément. Cependant, nous préparions toutes nos activités ensemble. Comme on dit, 2 têtes valent mieux qu’une! Ensemble, nous avons cherché une solution au problème de désintérêt apparent des élèves par rapport aux rétroactions offertes.
Notre stratégie pour encourager l’autocorrection
Pour les 2 premiers examens du cours, nous avons eu l’idée d’encourager les élèves à corriger eux-mêmes et elles-mêmes leurs erreurs, plutôt que de le faire à leur place.
Ainsi, plutôt que d’écrire des rétroactions très précises (par exemple: «Tu as oublié de définir l’échéancier, qui est l’une des 4 composantes d’un bon objectif. Ici, il aurait fallu que tu écrives que [bla bla bla].» ou «Cette information serait plus à sa place dans la section [X] parce que [bla bla bla]. Ici, écris plutôt que [bla bla bla].»), nous fournissons ce que nous appelons des rétroactions clairement floues (par exemple: «Vérifie que les 4 composantes de l’objectif sont bel et bien présentées.», «Cette information est-elle au bon endroit?» ou, dans le cas de problème de syntaxe, «Relis cette phrase.»)
Puis, nous offrons aux élèves la chance d’améliorer légèrement leur note d’examen (pour un maximum de 5%) en mettant en application nos recommandations sur leur copie. (Leur note ne peut pas baisser, elle peut seulement augmenter ou rester la même.)
Concrètement, chacun des 2 premiers examens dure 2,5 heures. Chaque examen inclut une partie théorique avec des questions traditionnelles et une partie qui consiste à rédiger un plan d’intervention.
- À l’examen de mi-session, c’est seulement le début d’un plan qui doit être rédigé, soit l’identification des besoins.
- À l’examen suivant, en avril, c’est la suite: les objectifs et les stratégies.
À l’examen de fin de session, il n’y a pas de questions théoriques. L’examen consiste uniquement à rédiger en entier un plan d’intervention.
Les examens se font en classe à l’ordinateur, pour permettre la rédaction du plan d’intervention dans Word.
Les plans d’intervention sont tous différents les uns des autres. Nous avons beau étudier plusieurs cas en classe, l’analyse de chaque situation demande une nouvelle réflexion. Pour que les étudiantes et les étudiants développent leurs compétences, elles et ils doivent se pratiquer. C’est en comprenant leurs erreurs qu’elles et ils pourront s’améliorer. Fournir simplement un corrigé de l’examen au groupe ne suffit pas: l’élève doit comprendre pourquoi tel élément était inadéquat, pourquoi telle décision était une erreur.
Quand nous corrigeons un plan d’intervention, nous annotons le document Word en mettant des commentaires dans la marge. Les commentaires peuvent être positifs (par exemple: «Cette section est excellente.»), pour que les élèves sachent qu’ils et elles peuvent se baser dans le futur sur ce qu’ils et elles ont fait cette fois-ci. Les commentaires peuvent aussi être constructifs, mais clairement flous. Nous complétons également une grille critériée.
Partie 2 de l’examen 1, avec les grilles de correction. C’est le fichier Word qui doit être complété par les élèves pour la portion du 1er examen qui consiste à rédiger un plan d’intervention. Nous avons eu du mal à trouver la bonne formule mathématique pour que les corrections faites par l’élève après coup puissent bel et bien bonifier sa note de 5%, mais nous y sommes arrivées (avec l’aide de la conseillère pédagogique Marie-El Domingue!). Voyez le résultat dans la section «Récupération» dans l’entête de l’examen et consultez la grille de correction «Récupération» à la fin du document.
Une belle stratégie qui favorise l’apprentissage. Merci pour votre partage !
Très inspirant! Bravo!