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14 avril 2022

L’annotation collaborative pour stimuler l’engagement des étudiants  

Ce récit est une traduction d’un texte paru dans le volet anglophone d’Éductive.

J’enseigne l’anglais, langue seconde, et je suis toujours à la recherche de moyens de m’assurer que mes étudiants sont pleinement engagés dans leur apprentissage. D’après mon expérience, les étudiants de tout âge ont besoin d’aide pour rester concentrés. En théorie, l’annotation aide à rester attentif lors de la lecture. Le fait de commenter et de questionner permet une lecture plus approfondie, ce qui aide également les élèves à comprendre les idées du texte.

Faire réfléchir les étudiants sur les idées leur donne un incitatif naturel pour qu’ils participent aux cours qu’ils suivent. Si c’est bien fait, je remarque les effets dans les discussions en classe, les tables rondes, les travaux écrits et les examens.

Qu’est-ce qui cloche avec l’annotation traditionnelle ?

Compte tenu du contexte culturel de la génération de nos étudiants, l’annotation traditionnelle (sur papier, individuellement) n’est plus un outil particulièrement attrayant.

Du point de vue de l’étudiant, c’est une étape supplémentaire qui n’apporte pas grand-chose. Comment rendre l’annotation attrayante et significative pour eux ?

Un autre inconvénient au fait que les élèves travaillent individuellement est qu’ils ont tendance à annoter pour l’enseignant, pas pour eux-mêmes. Or, la pédagogie actuelle s’efforce de faire vivre aux élèves une expérience authentique. En d’autres termes, nous voulons que les étudiants fassent les travaux d’une manière qui les intéresse et, idéalement, les inspire.

Traditionnellement, il n’y a pas de moyen efficace de revoir les annotations des étudiants ou de leur donner des conseils et des commentaires. Imaginez prendre 30 à 50 exemplaires de textes annotés par vos élèves et examiner tous ces commentaires pour vous assurer que les élèves:

  1. font le travail
  2. comprennent la lecture

De plus, les manuels scolaires sont souvent numériques, ce qui rend presque impossible la vérification des annotations à moins d’utiliser un système propriétaire, ce qui soulève d’autres problèmes.

Et voici Hypothesis!

Hypothesis est un outil gratuit d’annotation pour les pages web et les fichiers PDF. Hypothesis propose également un service payant pour intégrer des annotations dans un environnement numérique d’apprentissage (ENA). Malheureusement, cette application ne fonctionne pas avec Google Classroom, l’ENA que j’utilise dans la plupart de mes cours. Avec le soutien de l’équipe d’Éductive, j’ai mené un petit projet pilote dans certains de mes cours en intégrant Hypothesis dans Moodle.

Pour moi, Hypothesis a changé la donne! Hypothesis a sorti l’annotation du modèle d’apprentissage passif de la vieille école. Hypothesis a rendu l’annotation dynamique, efficace et amusante.

Grâce à l’annotation sociale, les étudiants peuvent:

  • apprendre les uns des autres
  • débattre des idées
  • approfondir leur compréhension de leurs lectures

En tant qu’enseignante, je peux facilement:

  • vérifier la compréhension des élèves
  • avoir un aperçu des points de vue des étudiants et des étudiantes
  • adapter les cours en conséquence

Je peux aussi répondre aux commentaires, ce qui me permet de fournir des rétroactions supplémentaires et m’aide à établir une relation positive avec mes élèves.

L’annotation sociale offre une expérience plus authentique aux étudiants et aux étudiantes. Puisqu’ils peuvent avoir de réelles conversations entre eux, au sujet du texte, ils n’annotent plus «pour l’enseignant», mais explorent des idées avec leurs pairs. C’est là tout l’intérêt d’activités d’apprentissage authentique. Si un élève établit un véritable lien avec une idée, alors le travail qu’il produit autour de cette idée sera plus fort, parce qu’il y adhère sincèrement.

Il y a aussi des gains socioaffectifs. L’annotation collaborative amène les élèves à socialiser entre eux, ce qui aide à créer une communauté, un sentiment d’appartenance. Quand leurs pairs et leur enseignante valident leurs idées, ça renforce leur confiance.

De plus, la responsabilisation est plus grande avec l’annotation sociale qu’avec l’annotation traditionnelle. Quand je révise les annotations, je m’assure que les élèves font le travail et je peux leur attribuer une note, si désiré.

Je suis une fan d’Hypothesis depuis que je l’ai essayé pour la 1re fois dans mes cours à l’automne 2021. J’ai observé les étudiants creuser leurs lectures, se nourrissant les uns des autres pour arriver à des idées riches… tout en s’amusant. Les étudiants introvertis sont devenus moins inhibés. Dans l’ensemble, mes groupes semblaient être plus confiants à la suite de l’expérience et être plus ouverts au travail qui a suivi. Je ne peux pas vous dire à quel point j’ai vu cela comme étant prometteur, moi qui avais longtemps essayé d’obtenir ce genre d’engagement et d’interaction dans les lectures.

Sur la base de mon expérience avec Hypothesis jusqu’à présent, j’aimerais continuer à l’utiliser dans mes cours. En tant qu’éducateurs, nous comprenons déjà les avantages pédagogiques de l’annotation, mais le fait d’avoir un outil comme Hypothesis amène ces avantages à un autre niveau et améliore l’expérience des étudiants et des enseignants.

Note des éditeurs pour les utilisateurs et utilisatrices francophones

L’interface d’Hypothesis est en anglais, mais tout de même simple d’utilisation pour toute personne qui a un niveau de compréhension minimal de l’anglais. L’utilisation d’Hypothesis devrait être à la portée de tous les étudiants du collégial.

Une mise en garde

Je ne suis pas une grande fan de Moodle. Je l’ai utilisé pendant plusieurs sessions, mais je préfère encore Google Classroom. Je trouve Google Classroom plus convivial et intuitif, tant pour l’enseignant que pour les élèves, surtout au niveau collégial, où on assigne une grande variété d’activités et de tâches.

Lors de la session d’automne 2021, j’ai utilisé à la fois Moodle et Google Classroom.

J’appréhendais de devoir faire des changements dans Moodle. Pour moi, c’est le nombre d’étapes nécessaires à la réalisation d’une tâche qui est problématique. Qu’il s’agisse de noter ou de modifier une activité que j’ai publiée, le rapport des étapes à effectuer, entre Google Classroom et Moodle, me semble être d’environ 1:10. Et quand on utilise en plus Léa, MIO, Outlook, Teams, Gmail, etc.; ça devient épuisant. Cependant, vous pouvez toujours utiliser Hypothesis comme activité ponctuelle via Moodle.

Cette session-ci, mes cours sont sur Google Classroom et mes devoirs avec Hypothesis sont hébergés sur Moodle. Les étudiants n’accèdent à Moodle que pour annoter, ce qui a bien fonctionné jusqu’à présent et n’a suscité aucune des plaintes que les étudiants formulent habituellement par rapport à Moodle.

Il existe d’autres options. Par exemple, Hypothesis peut être utilisé en dehors d’un ENA, avec des comptes individuels et des groupes. Le problème est alors que ça devient un service de plus pour lequel les étudiants doivent se créer un compte, et que je n’ai aucun moyen de surveiller ces comptes. De plus, l’annotation dans Moodle présente des avantages pour l’attribution des notes.

Il est maintenant plus facile de se connecter à Moodle – en un seul clic – et on me dit que la prochaine version de Moodle apportera des améliorations à l’expérience utilisateur. Donc, je continuerai certainement à utiliser Hypothesis dans Moodle comme une activité ponctuelle si j’en ai l’occasion.

Le 21 avril 2022, de 10h00 à 11h30, Éductive organise un laboratoire sur l’annotation collaborative [en anglais]. Le laboratoire sera animé en anglais, mais les participants pourront poser leurs questions en français s’ils le désirent! Durant la séance de visioconférence, les participants pourront explorer Hypothesis et d’autres outils d’annotations à l’intérieur de Moodle.

À propos de l'auteure

Chloé Collins

Amoureuse des langues, Chloé Collins a travaillé comme journaliste et traductrice, et enseigne depuis plus de 12 ans. Elle a enseigné différentes versions de l’anglais, langue seconde en Californie, en Corée du Sud, en Tunisie, en Argentine et aux Émirats arabes unis. Elle enseigne au Cégep Édouard-Montpetit et à l’École nationale d’aérotechnique depuis 2016. Ces temps-ci, elle explore les technologies éducatives et leurs applications dans une classe interactive.

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