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7 avril 2022

Une tablette Microsoft Surface pour enseigner?

Depuis le début de l’année 2022, j’utilise une tablette Microsoft Surface pour mon enseignement. Je vous présente de quelle façon je m’en sers.

Mes besoins

Cette année, je me suis fait un beau cadeau. J’ai décidé de m’acheter moi-même du matériel informatique qui répondait à mes besoins professionnels, plutôt que d’utiliser uniquement le matériel fourni par mon collège.

Pour enseigner, je rêvais d’avoir un appareil avec un écran tactile sur lequel je pourrais écrire avec un stylet, comme une tablette. Je voulais aussi que l’appareil soit léger, comme une tablette également.

Cependant, plutôt qu’une tablette, j’avais besoin d’un vrai ordinateur puissant qui permet de réaliser plusieurs tâches à la fois et de faire fonctionner des programmes informatiques conçus pour un ordinateur. De plus, je voulais que l’appareil fonctionne optimalement avec la suite Office, ce qui n’est pas vraiment le cas des produits Apple.

L’appareil que j’ai choisi

Les produits Apple (comme le iPad Pro) sont attrayants. Cependant, comme tous les appareils de mon collège sont des PC et que tout fonctionne avec Windows, j’ai plutôt opté pour un ordinateur-tablette 2-en-1 Surface de Microsoft. J’ai choisi la Surface Pro 8.

Je me suis muni d’un stylet avec plusieurs boutons (un pour remplacer un clic-droit, par exemple) ainsi que d’un clavier externe.

Un écran tactile est appuyé sur un clavier rouge, muni d'un pavé tactile. Une petite encavure dans le haut du clavier sert de rangement à un stylet. L'écran tient en position quasi-verticale grâce à un support, derrière lui, qu'on ne voit que très partiellement sur la photo.

Une photo de mon ordinateur-tablette Surface de Microsoft, avec le clavier que j’ai acheté et mon stylet, rangé dans le clavier.

L’appareil est coûteux, mais il est utile de savoir qu’il y a un rabais pour les enseignants et enseignantes en l’achetant directement du Microsoft Store.

La Surface fonctionne avec Windows. Je peux ainsi utiliser les mêmes logiciels que les élèves, ce qui est très utile.

L’appareil a l’apparence d’une grande tablette, avec un écran tactile. Il est muni d’un support qui maintient l’écran en position quasi-verticale.

L’écran de ma tablette est très précis.

Mon utilisation typique de ma tablette pendant mes cours

Pendant mes cours, je me connecte sur Teams avec ma tablette.

Les étudiants ont tous un ordinateur portable. (J’enseigne dans un « programme portable », en informatique.) Je partage mon écran sur Teams; ainsi, les étudiants peuvent le voir sur le leur. Chacun a donc mon diaporama (ou ma démonstration de l’utilisation d’un logiciel ou encore ma rédaction de code informatique, par exemple) sous les yeux . Avec mon stylet, je peux annoter mon diaporama comme si j’écrivais à la main et mes étudiants suivent le tout en direct sur leur écran.

Le fait d’être ainsi toujours connecté à Teams est très utile pour les étudiants qui sont en isolement à cause de la COVID. Ils peuvent ainsi assister au cours à distance alors que le reste du groupe est en classe avec moi!

Je suis convaincu que cela est un facteur de réussite pour mes élèves.

En double cliquant sur la « gomme à effacer » de mon stylet [en anglais], j’ouvre instantanémenet le tableau blanc Whiteboard de Microsoft. Je peux, entre autres, y dessiner pour faire des exemples. J’aime beaucoup le Whiteboard: il y a des fonctionnalités pour la reconnaissance automatique de formes géométriques qu’on dessine ou de tableaux qu’on trace.

Photo sur laquelle on voit la main de Martin Hardy qui écrit sur l'écran de sa tablette avec son stylet. L'application Whiteboard (de Microsoft) est ouverte. Martin a tracé des cases et des flèches en rouge.

J’écris à la main sur le Whiteboard.

Quand un étudiant a une question pendant un travail, je peux aller le voir à son poste avec ma tablette en main. J’ai ainsi accès à tout mon matériel pédagogique en cas de besoin. (Tout mon matériel de cours est en ligne, accessible dans Teams et sur OneDrive. J’utilise d’ailleurs beaucoup OneNote pour ma planification de cours, ainsi que pour offrir aux étudiants des «feuilles d’exercices» virtuelles qu’ils peuvent copier-coller dans leur bloc-notes d’étudiant, dans Teams.)

La tablette est très légère; je peux la poser sur mon bras et écrire confortablement, même debout. Je n’écris pas aussi bien sur ma tablette que sur papier, par contre! Mais, je m’exerce. La fonction de reconnaissance de l’écriture est très utile, mais pas toujours parfaite. (Windows reconnaît les lettres qu’on trace (et les symboles mathématiques, dans la suite Office)  et les transforment en caractères typographiques. Ça ne fonctionne pas à tout coup, mais c’est mieux que rien.)

Miracast — Contrôler d’autres appareils à partir de la Surface

La Surface peut très bien être utilisée seule (avec ou sans le clavier externe et le stylet), mais peut aussi se connecter sans fil à d’autres appareils à proximité.

En effet, la Surface est équipée de la technologie Miracast qui lui permet de se connecter à d’autres appareils.

Chez moi, je connecte ma Surface à un écran plus grand quand je veux travailler sur 2 écrans sans brancher de fils [en anglais]. Je peux aussi faire l’inverse, soit étirer le bureau de mon ordinateur fixe jusqu’à la tablette. . C’est pratique quand, par exemple, je regarde des vidéos pour préparer mes cours et que je veux prendre des notes manuscrites sur OneNote avec ma tablette en même temps. Ainsi, je peux consulter des explications en ligne et les tester dans un logiciel affiché sur l’écran de mon ordinateur, tout en affichant OneNote sur la Surface pour prendre des notes

En classe

En classe, je peux connecter ma Surface au portable que le collège me fournit. Je branche ce portable au projecteur de la classe. Je peux ainsi contrôler le projecteur de la classe [en anglais].

Si le projecteur était compatible avec la technologie MiraCast, je pourrais le contrôler directement avec ma Surface, sans fil. En attendant, utiliser un autre portable comme intermédiaire n’est pas trop incommodant.

(Récemment, j’ai donné une formation en entreprise et je me suis connecté directement au téléviseur du local de formation avec ma tablette, puisque ce téléviseur était compatible avec la technologie Miracast!)

Autres utilisations

Animer un atelier avec mes collègues

Pendant la semaine de relâche, j’ai animé un atelier sur l’utilisation de PowerPoint auprès de collègues enseignants. L’atelier n’avait pas lieu dans mon local de classe habituel, mais plutôt dans un local où le bureau de l’enseignant est coincé dans un coin.

Grâce à ma tablette, j’ai pu m’en dégager et utiliser une table plus près des participants et participantes. La Surface communiquait sans fil avec mon portable, qui était branché au projecteur. Je pouvais zoomer avec mes doigts en pinçant l’écran et annoter mes diapositives avec mon stylet, puis changer de diapositive avec un clic de mon stylet [en anglais]. J’étais aux anges!

Des tablettes à la disposition des étudiants?

Une autre option d’utilisation qui me semble avoir du potentiel, pour des tablettes comme la mienne, c’est d’en remplir des chariots que les enseignants et enseignantes pourraient apporter en classe pour mettre les appareils à la disposition d’un groupe, en dehors des « programmes portables ».

Je sais que cela avait été testé avec des iPads dans plusieurs collèges il y a quelques années, mais les iPads ne sont pas faits pour être partagés. On ne peut pas se connecter à un compte personnel comme on le fait dans une classe d’ordinateurs fixes munis de Windows. À l’opposé, puisque les Surface sont comme tous les ordinateurs qui exploitent Windows, n’importe quel élève pourrait s’y connecter avec son identifiant Microsoft. Pour les responsables du matériel informatique, la gestion ne serait pas plus compliquée qu’avec les ordinateurs habituels.

Une solution universelle?

Je ne pense pas que la Surface soit une solution qui plaise à tous les profs. Je pense qu’elle conviendra surtout aux plus technophiles (comme moi!), à ceux qui enseignent dans le secteur Administration, commerce et informatique ou encore à ceux qui préfèrent travailler avec Windows.

Quoi qu’il en soit, je considère qu’il pourrait être très intéressant pour les collèges d’offrir plus d’options aux enseignants et enseignantes, dans le matériel informatique qui leur est fourni. Évidemment, je suis très conscient que cela pose des défis logistiques, pour les responsables, mais ça pourrait augmenter le sentiment de satisfaction des enseignants et enseignantes. Ça vaut la peine de s’y pencher, car tout comme nos étudiants, nous aimons aussi avoir des options pour «tripper» dans nos cours et rendre notre gestion de classe plus dynamique et ergonomique! Tout le monde y serait gagnant.

À propos de l'auteur

Martin Hardy

Il a complété un DEC en informatique au Cégep Garneau. Il s’est ensuite tourné vers les arts scéniques avant de poursuivre sa carrière comme formateur en bureautique et multimédia. Il a enseigné au Cégep de Lévis-Lauzon en Techniques de bureautique de 2007 à 2021, tout en ayant été en prêt de service au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur comme conseiller en intégration du numérique en enseignement en 2018-2019, puis en ayant agi comme conseiller pédagogique TIC dans son collège à l’automne 2019. Il est aujourd’hui enseignant d’informatique au Cégep Garneau.

En tant qu’autodidacte, Martin a appris plusieurs techniques et logiciels dans le domaine du graphisme et du web. La pédagogie et la technologie sont devenues des passions. Son profil intrapreneurial fait en sorte qu’il aime se mettre au service de ses étudiants. « J’ai eu quelques expériences hétéroclites, mais je réalise qu’elles contribuent à faire de moi l’enseignant que je suis aujourd’hui. »

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